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BIOGRAPHIES

François Rochaix est né à Genève en 1942. Son père était ingénieur agronome, sa mère infirmière. Dès 1948, la famille vit à Berne, où François Rochaix fait toutes ses écoles (en allemand). Il est l’élève du pianiste Albert Schneeberger au Conservatoire de Berne, un maître qui va l’influencer de manière déterminante. À Berne, il fait aussi ses débuts de comédien dans la cave du Théâtre Arlequin. Parallèlement, il suit les cours de théâtre de Georges Gremaud à Fribourg. Après avoir passé sa maturité, il vient se former au Théâtre de Carouge avec François Simon et Philippe Mentha. Il commence des études de lettres à l’Université de Genève. En 1963, il est chargé de l’animation théâtrale dans la toute nouvelle Maison des Jeunes et de la Culture. Il sera généreusement soutenu par son directeur, Jacques Rufer. Il y fonde, avec Marcel Robert, la troupe de L’Atelier Don Sapristi, qui, sous le nom de L’Atelier de Genève, proposera une des aventures théâtrales marquantes en Suisse romande, dans les années soixante. C’est là qu’il joue ses premiers rôles et qu’il fait ses premières mises en scène (En attendant Godot de Beckett, Je rêvais (peut-être…) de Pirandello et Grand’peur et misère du IIIe Reich de Brecht). Dès 1972, L’Atelier de Genève fusionne avec le Théâtre de Carouge.

Rochaix est directeur général du Théâtre de Carouge – Atelier de Genève de 1975 à 1981. Il y monte, entre autres, Baal, Mère Courage et ses enfants, La résistible ascension d’Arturo Ui de Brecht, Le Bourgeois Schippel de Sternheim, Sauvages de Christopher Hampton. Il crée plusieurs pièces de Michel Viala. Il engage les metteurs en scène Manfred Karge et Matthias Langhoff, Michel Soutter, Hervé Loichemol.

Comme metteur en scène indépendant, il travaille alors tant à l'opéra qu'au théâtre, en Suisse allemande et romande, en France, en Norvège, en Grande-Bretagne, aux USA, au Danemark et à Moscou. Au Grand Théâtre de Genève, où Hugues Gall l’invite à se consacrer aussi à l’opéra, il monte, entre autres, The Turn of the Screw et Death in Venice de Benjamin Britten, Idomeneo, Così fan tutte et La Clemenza di Tito de Mozart, The Rake’s Progress de Stravinski. Il travaille souvent à l’Opéra de Seattle, où, de 1985 à 1995, il met en scène quatre fois la tétralogie de L’Anneau du Nibelung de Wagner. Au Théâtre national d’Oslo, il monte Ibsen. De 1986 à 1991, il est directeur associé de la Scène Nationale de Bergen, dont le directeur général est Tom Remlov. Il y met en scène, entre autres, Le Jeu de la vie et Pan de Knut Hamsun, L’Orage d’Ostrovski et Ulysse d’Ithaque de Holberg. De 1996 à 2001 il est directeur associé de l’American Repertory Theatre, que dirige Robert Brustein, à Cambridge (USA). Il met en scène notamment plusieurs tragédies grecques anciennes, Le Tartuffe et, en création américaine, deux pièces de Michel Vinaver. Parallèlement, il prend la direction de l’Institute for Advanced Theatre Training at Harvard University, qui forme des comédiens, des metteurs en scène et des dramaturges. À la fin du miIlénaire, il présente, à Vevey, les spectacles de la Fête des Vignerons 1999, qu’il a conçus et préparés pendant sept ans. En 2002, il est le responsable artistique de la cérémonie d’ouverture d’Expo 02, un spectacle qui se joue simultanément à Yverdon-les-Bains, Neuchâtel, Bienne et Morat. Il met en scène ces productions d’envergure en complicité avec le scénographe Jean-Claude Maret, avec qui il collabore régulièrement depuis 1966. De 2002 à 2008, il est à nouveau directeur général du Théâtre de Carouge – Atelier de Genève, où il met en scène notamment Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, Copenhague de Michael Frayn, Les Physiciens de Dürrenmatt, Aldjia de Jacques Probst et Molière ou la cabale des dévots de Boulgakov. Manfred Karge, Hervé Loichemol, Michel Kullmann, Jean Liermier, entre autres, sont ses metteurs en scène.

Récemment, en 2009, il a monté Calvin Genève en flammes de Michel Beretti pour le 500e anniversaire de Calvin, L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, une production de la Haute École de Musique de Genève, ainsi qu’un diptyque pour le 200e anniversaire de Darwin, en étroite collaboration avec l’Académie suisse des sciences naturelles : Darwin en finit avec les Cirripèdes de Michel Beretti et La Confession de Darwin de Dominique Caillat.

En fin de compte, François Rochaix a monté une cinquantaine d’opéras et près de cent spectacles dramatiques ; il a enseigné en Suisse, aux Etats-Unis et à Moscou. Il a reçu la Médaille Beaumarchais en 1982, le Prix mondial Nessim Habif en 1988 (avec Jean-Claude Maret), l'Anneau Hans Reinhart en 1989, le Grand Prix de la Ville de Genève en 1995, la Bourgeoisie d'Honneur de la commune de Mies (où il est domicilié) en 1999, le Prix de Belles-Lettres en 2000, et le Mérite carougeois en 2008.

Le 28 mai 2011, il a été nomme citoyen d'honneur de la commune de Pădureni, en Moldavie roumaine (Cetățean de Onoare al Comunei Pădureni).



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